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10 novembre 2013 7 10 /11 /novembre /2013 15:32

Un décret en date du 17 septembre 2013 a été publié au Journal officiel du 19 septembre 2013. Ce texte est notamment censé faciliter l’insertion professionnelle des enfants de harkis en assurant une prise en charge partielle de certaines formations qui leur sont dispensées.

 

Un manque d’imagination et d’ambition…

Ce décret, qui paraît à quelques mois des élections européennes et municipales, veut nous faire croire que le Gouvernement s’occupe réellement de nous.

En réalité, les mesures de ce texte ne sont pas nouvelles : le Gouvernement ne fait que ressortir des dispositions anciennes prévues par la circulaire du 30 juin 2010 et annulées par une décision du Conseil d’Etat en date du 16 avril 2012.

C’est là un manque patent d’imagination, en dépit des moyens humains dont dispose l’Etat depuis de nombreuses années pour faciliter notre intégration. Les services de l’Etat (Secrétariat d’Etat délégué aux anciens combattants et Mission interministérielle aux rapatriés en tête) ont cruellement manqué d’idées et nous servi un plat réchauffé et indigeste, que nous n’apprécions guère et qu’on s’entête à nous faire avaler depuis des lustres.

L’Etat a manqué aussi d’ambition en proposant un texte minable et inapplicable. Minable parce les mesures spécifiques font des harkis des assistés, voire des privilégiés  pour le reste de la population. Inapplicable parce qu’il ne touche qu’une infime partie de bénéficiaires potentiels : les enfants de harkis, nés avant les années 80, sont aujourd’hui plus proches de la retraite que d’un nouveau départ dans la vie active.

Les harkis et leurs enfants, opposés aux mesures spécifiques, qui ont pourtant démontré en 30 ans leur inefficacité, réclament simplement que l’Etat français reconnaisse, dans le cadre d’une loi, sa responsabilité dans l’abandon et le massacre des harkis, ainsi que dans l’échec de leur insertion dans la communauté nationale.

En refusant d’être courageux et de rendre justice aux harkis, l’Etat n’a fait que se  discréditer une nouvelle fois.

 

…doublé d’un manque de considération

Ce texte, pris en dépit du bon sens, ne répond pas aux attentes des associations qui avaient pourtant fait des propositions nouvelles et claires pendant la campagne des élections présidentielles. 

Ces propositions, confirmées lors de la réunion du 18 septembre 2012 avec Kader Arif, écartaient tout recours aux mesures spécifiques. Elles donnaient la priorité à la reconnaissance par  l’Etat français de sa responsabilité dans l’abandon et le massacre des harkis après le 19 mars 1962, ainsi que dans l’échec de leur insertion dans la communauté nationale. Cette reconnaissance devait aboutir à la réparation des préjudices subis.

L’Etat, avec ce décret sur la formation, n’a pas écouté les associations. Non seulement, il ne retient aucune de leurs propositions, mais il prend une mesure à laquelle elles ne sont pas favorables. C’est là un manque évident de considération.

Mais, il y a pire : ce texte a été pris sans aucune concertation alors même que le ministre s’est engagé à travailler étroitement avec les associations.

Nous avons cru aux promesses de M. Sarkozy et nous avons été déçus, nous avons été séduits par le discours de M. Hollande et nous avons été trahis. Devons-nous aujourd’hui baisser complètement les bras ou écouter par lassitude le chant d’autres sirènes ?

 

Saïd Balah

 

 

 

 

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 20:01

François Hollande se rendra en visite officielle en Algérie les 19 et 20 décembre 2012 pour, nous dit-on, une réconciliation symbolique avec l’Algérie.  

Ce voyage, il l’a préparé de longue date en faisant quelques concessions humiliantes pour nombre de Français dans l’espoir de s’attirer les bonnes grâces de l’Algérie sur les plans diplomatique et économique.

 

La France a marché sur ses valeurs…

François Hollande, depuis qu’il a été désigné candidat à la présidence de la République, a jalonné le terrain mémoriel, en faisant de nombreux clins d’œil à l’Algérie.

Ainsi, à l’issue de la bataille des primaires socialistes, il a marqué le 50e anniversaire des évènements tragiques du 17 octobre 1961 à Paris, en déposant une gerbe de fleurs sur le pont de Clichy.

De même, il y a à peine deux mois, il a tenu à déclarer dans un communiqué : « Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l’indépendance ont été tués lors d’une sanglante répression. La République  reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes ».

A cela s’ajoute, à travers la loi du 6 décembre 2012, la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, sans oublier que d’autres gestes sont attendus, voire exigés par le pouvoir algérien, au cours de cette visite, comme la repentance.   

La France a ainsi renié ses valeurs républicaines et trahi une seconde fois les harkis et les pieds-noirs pour des raisons purement économiques et des résultats pour le moins hypothétiques.

 

…en espérant que l’Algérie lui déroule le tapis rouge

On l’aura compris, l’enjeu principal de ce voyage est avant tout politique : apaiser les tensions et les polémiques de ces dernières années et réconcilier les mémoires aussi bien entre Français qu’avec les Algériens.    

Mais, c’est aussi une visite intéressée sur le plan économique et industriel : François Hollande tâchera de convaincre les patrons algériens et les Algériens de ne pas boycotter le marché français, car l’Algérie a d’énormes besoins de développement et importe en masse des biens d’équipement et de consommation.

François Hollande, qui veut désormais promouvoir « un partenariat stratégique » avec l’Algérie espère donc signer beaucoup de contrats qui seront les bienvenus en cette période de crise. Même si l’Algérie est notre  premier partenaire commercial sur le continent africain, les enjeux économiques sont nombreux : projet d’implantation d’une usine automobile, dossiers de partenariat en matière d’infrastructure, d’énergie ou de production laitière notamment.

Curieusement, les patrons algériens disent « ne pas attendre grand-chose de cette visite » et vouloir parler de partenariat, et El Watan d’ajouter « Mais, à bien y regarder, le partenariat économique entre l’Algérie et la France se trouve, peut-être, là ou il doit être. Entre un pays qui n’arrive pas à émerger sous le poids de sa gérontocratie, et un autre qui recule lentement sous le fardeau de son histoire ».

En tout cas, s’il doit y avoir réconciliation, et c’est ce que nous voulons aussi, elle ne doit pas être acquise par la repentance ni au détriment des harkis, qui attendent aussi un geste de l’Algérie et surtout de la France. Nous disons oui à une réconciliation réciproque, non à une réconciliation à sens unique et à tout prix.

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 23:24

Le 18 septembre dernier, le ministre délégué chargé des anciens combattants, Monsieur  Kader Arif, recevait les représentants des associations d’anciens harkis pour faire le point.

Nous avions rendu compte ici de cette réunion (voir notre article du 5 octobre 2012 intitulé « les harkis reçus par Monsieur Kader Arif » ) et fait état des dossiers développés par le ministre (reconnaissance, mémoire, emploi et libre circulation) et de la méthode de travail qu’il préconisait.

Aujourd’hui, nous souhaitons faire quelques commentaires sur le contenu de cette réunion et redire que notre principale priorité est la reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis, tout en recommandant une méthode de travail reposant sur la simplification et la participation des associations.

 

Notre priorité : la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon et le massacre des harkis

Le ministre a recommandé de faire des priorités, et nous sommes d’accord avec lui. C’est pourquoi, nous proposons de mettre en avant la reconnaissance de la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis ainsi que dans l’échec de leur intégration dans la communauté nationale.

Et s’il fallait ne retenir qu’une seule revendication, ce serait celle-là.

Nous demandons également une adaptation des dispositions sur les injures et la diffamation : les lois des 23 février 2005 et 7 mars 2012, qui font référence aux formations supplétives, sont apparemment insuffisantes pour protéger les harkis et leurs familles.

Nous sommes également favorables à la promotion des enfants de harkis et demandons un effort particulier pour rétablir l’égalité des chances dont les enfants de harkis ont été privés.

S’agissant de la reconnaissance et du devoir de mémoire, nous considérons qu’ils sont déjà acquis (à travers notamment la journée d’hommage national du 25 septembre et la journée du 5 décembre) et qu’il convient simplement de les consolider.

En revanche, la libre circulation des harkis entre la France et l’Algérie et l’emploi à travers des dispositifs de droit commun ne font pas partie de nos  revendications. La libre circulation ne concerne qu’une minorité de harkis. De plus, elle dépend de la volonté des autorités algériennes et a donc peu de chance d’aboutir. Quant aux mesures spécifiques en faveur de l’emploi, elles ont fait la preuve de leur inefficacité de par le passé, et desservent les enfants de harkis en en faisant des assistés et des privilégiés.

 

…et notre méthode de travail : simplifier et participer 

Les politiques en direction des harkis ont toujours été éclatées dans divers ministères et conduites par différents services. Il en résulte un manque de lisibilité, une absence d’efficacité et un gaspillage de moyens.

Nous demandons, pour une meilleure articulation de ces politiques, un regroupement, au sein du ministère des anciens combattants, des attributions relatives aux harkis, et proposons, dans un souci d’efficacité et d’économie, de supprimer tous les services et organismes censés mettre en œuvre les politiques de l’Etat en faveur des harkis (Mission interministérielle aux rapatriés, service central de rapatriés…).

Nous souhaitons également être pleinement associés à la définition des politiques en direction des harkis et participer activement aux instances décisionnelles de notre pays en siégeant notamment :

  • au conseil d’administration de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie,
  • au conseil d’administration de l’Office national des anciens combattants et de ses antennes départementales (en l’absence de nos parents trop âgés ou moins nombreux),
  • au Conseil économique, social et environnemental national et de ses  délégations régionales,
  • au conseil d’administration de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé).

Enfin, nous proposons d’être des interlocuteurs privilégiés auprès des préfets et des services départementaux des anciens combattants pour l’application des politiques en direction des harkis.

 

 

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 11:39

Monsieur Kader Arif, ministre chargé des anciens combattants, a reçu le 18 septembre dernier, les représentants des associations d’anciens harkis pour faire un point sur leurs attentes et préoccupations.

Après avoir précisé que le dossier des harkis relevait des attributions de plusieurs ministères  et que sa marge de manœuvre est ainsi limitée, Monsieur Arif a livré sa propre analyse des problèmes rencontrés par les anciens harkis et fourni des pistes de réflexion et d’action.

Le ministre a identifié quatre dossiers prioritaires…

Le ministre a ainsi identifié quatre points qui lui paraissent essentiels :

1 - La mémoire

Il a indiqué que les harkis étaient absents de la mémoire collective et qu’il fallait travailler pour y remédier, tout en se disant opposé à une mémoire officielle.

La guerre d’Algérie étant un sujet sensible, il insiste sur la nécessité de travailler avec les historiens et tous les acteurs de cette guerre pour écrire dans un climat apaisé une histoire objective et réhabiliter les harkis dans la mémoire collective de notre pays.

Ce travail d’histoire et de mémoire pourra être confié à la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie, installée en octobre 2010.

2 - La reconnaissance

Le ministre a indiqué qu’il travaillait en étroite collaboration avec le premier ministre et une équipe du président sur la question de la reconnaissance de la responsabilité de la France dans le drame des harkis.

Cependant, tout en précisant que la reconnaissance ne saurait être confondue avec la responsabilité, il a déclaré être opposé aux lois mémorielles et à la repentance, mais favorable à un travail de vérité sur la guerre d’Algérie.

3 - L’emploi

Monsieur Arif a proposé de traiter le problème de l’emploi à travers plusieurs dispositifs.

Tout d’abord, il souhaite relancer le « plan emploi » initié sous le quinquennat précédent et qui s’est révélé un échec sous la conduite de la Mission interministérielle aux rapatriés.

Ensuite, il entend privilégier la promotion des enfants de harkis en mettant en avant certains d’entre eux, qui peuvent servir d’exemples positifs, afin de rétablir l’égalité des chances dont ils ont été privés à l’origine et pour favoriser des évolutions de carrière.

Enfin, il entend faire bénéficier les enfants de harkis des mesures de droit commun, à travers notamment les emplois d’avenir et les contrats de générations.

4 - La libre circulation et les relations entre la France et l’Algérie

La libre circulation des harkis entre la France et l'Algérie est une question importante, qui touche la dignité humaine. C’est pourquoi, il se propose, en relation avec le ministre des affaires étrangères, de faire lever les blocages qui restreignent cette liberté de circulation.

Il compte sur un éventuel voyage officiel du président de la République en Algérie pour  rappeler toute l'importance que la France attache à ce dossier qu’il souhaite faire avancer en mettant en avant le principe de la réciprocité.

…tout en suggérant une méthode de travail.

Le ministre a en même temps proposé une méthode de travail pour une meilleure efficacité des actions en direction des harkis.

Tout en regrettant que le dossier des harkis soit éparpillé entre plusieurs ministères, il envisage, pour une meilleure articulation des politiques, un regroupement des attributions et des moyens consacrés aux harkis.

Il souhaite par ailleurs associer pleinement le monde associatif pour définir des priorités et faire aboutir quelques dossiers essentiels, sachant qu’il est impossible de tout mener de front.

Il souhaite également, dans un souci d’efficacité, revoir les missions et le fonctionnement des services et organismes tels que la Mission interministérielle aux rapatriés ou la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de la Tunisie, qui n’ont pour l’heure pas donné satisfaction.

Enfin, le ministre a exprimé la nécessité de désigner au sein des préfectures un interlocuteur privilégié pour s’occuper notamment des questions d’emploi.

 

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 17:31

Le Président de la République a reconnu officiellement, et bien tardivement, lors d’un discours à la préfecture de Perpignan, la responsabilité historique de la France dans l’abandon des harkis en 1962. Il a notamment  déclaré : « La France se devait de protéger les harkis de l’histoire, elle ne l’a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l’histoire, c’est cette responsabilité que je suis venue reconnaître ici à Perpignan ».

Cette reconnaissance est  incomplète car elle fait l’impasse sur le massacre des harkis, les conditions de leur accueil en France et l’échec de leur intégration dans la société française. Elle est aussi tardive : elle vient cinq ans après la promesse faite en 2007 de « reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis ». Et surtout, elle vient bien après les déclarations de François Hollande qui avait permis à plusieurs associations de harkis de s’exprimer avant de s’engager dans la presse et dans un message aux associations de harkis daté du 5 avril dernier « à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

La droite, classique et extrême, a longtemps cru que le vote des harkis lui était acquis au point de se dispenser de tenir ses promesses de 2007 et d’oublier que la gauche peut aussi s’engager et faire mieux et surtout que les enfants de harkis sont plus enclins à voter à gauche qu’à droite.

Dans ces conditions, comment les harkis peuvent-ils croire que la déclaration du chef de l’Etat est sincère alors qu’elle n’est dictée que par des considérations purement électoralistes : ne pas laisser le champ libre au candidat socialiste ?  

Comment peuvent-ils faire confiance à quelqu’un qui avait cinq ans pour reconnaître à travers une loi la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon et le massacre des harkis, et l’échec de leur intégration dans la communauté nationale ?

Comment peuvent-ils voter pour quelqu’un qui a attendu le dernier moment pour ne tenir que partiellement une promesse faite il y a cinq ans ?

Aujourd’hui, la situation est claire et nul doute que les harkis et leurs enfants sauront faire le bon choix.

 

 

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 20:23

Nous publions ci-après un communiqué de presse de plusieurs associations d'anciens harkis reçues le 2 avril 2012 au QG de campagne de François Hollande. D'autres associations auraient également pris contact avec le candidat socialiste pour présenter  leurs revendications. Nous invitons vivement toutes ces associations à se regrouper pour mieux se faire entendre.

Saïd Balah

 

"Le 2 avril 2012, une délégation d’associations de harkis a été reçue par Stéphane Le Foll, membre de l’équipe de campagne de François Hollande.

Cette délégation, composée d’une dizaine de représentants d’associations d’anciens harkis (AJIR pour les harkis, ADIFRA 37, Aurès, Générations Mémoire Harkis, AJIR Roubaix, AJIR66, Association des Harkis de Meurthe-et-Moselle, 2ID-Harkis du Loiret…) a rencontré M. Stéphane Le Foll pour lui faire part des revendications des harkis et de leurs enfants.

Quatre sujets essentiels ont été évoqués :

1 - La reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon et le massacre des harkis, et dans l’échec de leur intégration dans la communauté nationale

Après le 19 mars 1962, les membres des formations supplétives ont été désarmés et abandonnés à la vindicte du FLN. Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux (entre 80 000 et 150 000 selon des sources officielles) ont été suppliciés et massacrés alors que l’armée française était encore sur place.

L’Etat français est responsable de ces massacres : il a formellement interdit le rapatriement des harkis et menacé de sanctionner tous les officiers qui enfreindraient les ordres et viendraient en aide aux harkis et à leurs familles. 

A leur arrivée en France, les rescapés ont été relégués dans camps et isolés pendant de nombreuses années, empêchant toute intégration économique et sociale et privant leurs enfants de toutes les chances de réussite.

Pour ces raisons, les associations demandent à l’Etat français de reconnaître sa responsabilité dans l’abandon et le massacre des harkis après le 19 mars 1962. De même, l’Etat devra reconnaître sa responsabilité dans l’échec de leur insertion dans la communauté nationale et réparer les préjudices dont ils ont été victimes.

2 - Justice (injures et diffamations)

L’article 5 de la loi du 23 février 2005 ne permettait pas de sanctionner les injures ou diffamations faites aux harkis ni aux associations de se porter partie civile. La loi du 7 mars 2012, censée modifier les dispositions de la loi 23 février 2005, ne semble pas plus efficace.

Certes, elle fait référence à la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, mais elle occulte totalement la référence aux harkis et à leurs familles, et la protection des formations supplétives est apparemment insuffisante pour que la justice puisse sanctionner ceux qui diffameraient les harkis.

Les associations d’anciens harkis demandent donc une protection effective « d’une personne ou d’un groupe de personnes » que sont les harkis et leurs descendants telle que votée par la loi du 23 février 2005. Un simple décret précisant l’application de l’article 5 de la loi du 23 février 2005 dans le cadre de la loi sur la presse comblera l’absence des sanctions à infliger.

3 - L’histoire et le devoir de mémoire

L’histoire des harkis, occultée ici ou falsifiée là-bas, est aujourd’hui encore méconnue. La Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, qui avait pour objet de faire la vérité sur ce conflit, n’assume pas correctement son rôle en raison notamment de son fonctionnement et de sa composition.

Les harkis demandent que cette Fondation contribue davantage à rétablir la vérité sur la guerre d’Algérie et en particulier à une meilleure prise en compte de l’histoire et de la mémoire des harkis et que ces derniers y soient pleinement représentés et associés.

Les harkis rappellent par ailleurs leur opposition au 19 mars comme journée de  commémoration de la fin des combats en Algérie : cette date signifie pour plus de 80 000 d’entre eux le début d’une longue tragédie.

Ce n’est qu’à ce prix que les blessures de l’histoire pourront se cicatriser et la marche vers la réconciliation devenir une réalité.

4 - La promotion des enfants de harkis

A leur arrivée en France, les harkis ont été installés dans des camps, des hameaux forestiers ou des quartiers isolés. Ils ont été abandonnés une seconde fois et leurs enfants n’ont pas pu bénéficier de toutes les chances pour réussir économiquement, socialement et politiquement.

L’Etat français est responsable de cette situation et se doit de réparer en mettant en œuvre une politique courageuse et volontaire pour rétablir l’égalité des chances dont les enfants de harkis ont été privés.

Echaudés par des promesses faites lors des précédentes campagnes présidentielles, les représentants des associations ont demandé un engagement public et écrit du candidat socialiste.

M. Stéphane Le Foll a indiqué qu’il soumettra ces revendications au candidat socialiste qui fera une réponse écrite. Il a néanmoins admis que les revendications exposées sont légitimes et raisonnables, et proposé de constituer rapidement un groupe de travail afin de préciser certains points et mieux éclairer le candidat socialiste sur la situation et les attentes des harkis.

Dans l’immédiat, il s’engage à répondre par écrit aux associations, avant le premier tour des élections, tout en proposant une rencontre avec François Hollande entre les deux tours".

 

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 23:10

La chasse aux harkis a bel et bien commencé. L’ouverture a débuté, de manière discrète le 25 septembre dernier à l’occasion de la journée nationale d’hommage aux harkis au secrétariat d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, et se poursuit le 28 octobre prochain au Sénat par l’organisation d’un colloque sur la richesse des enfants issus de la diversité.

Ce colloque patronné par le ministre de l’intérieur et intitulé « les chemins de la réussite » se déroulera en présence de la secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative. Plusieurs thématiques seront abordées :  « la famille et l’environnement : creuset de la réussite ? », « l’école : la clé de la réussite », « entreprise et réussite » et « politique et diversité ». Des sujets qui ne concernent pas que les enfants issus de la diversité, mais n’importe quel citoyen français.

Cette démarche rappelle étrangement une autre initiative il y a quelques années déjà qui consistait à mettre en avant des exemples de réussite d’enfants de harkis pour mieux détourner l’attention des vrais problèmes.

Aujourd’hui, il s’agit à travers cette initiative de démontrer que les enfants de harkis sont capables, grâce aux institutions de la République, d’accéder à l’école, à l’emploi, à la politique, bref à la réussite comme n’importe quel citoyen français, tout en occultant le parcours chaotique de ceux qui ont connu l’échec après la guerre, le déracinement, les camps de transit et l’oubli. Et indirectement de les culpabiliser en leur faisant comprendre que s’ils ont échoué c’est de leur faute.

Il s’agit aussi de faire oublier les promesses faites et non tenues et surtout  notre principale revendication : la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon et le massacre des harkis.

Elle a surtout (et les harkis ne sont pas les seuls concernés), dans la perspective des prochaines élections, comme objectif de rabattre vers un parti politique les harkis et leurs enfants et de les convaincre avec l’aide de vrais militants de bien voter.

En tout cas, ce colloque permettra à ceux qui l’ignoraient de savoir enfin que la réussite commence dans la famille et à l’école… et peut accessoirement se confirmer en politique…

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 20:06

Un site d’information en ligne a récemment évoqué une circulaire organisant une « discrimination positive » pour les enfants de harkis, comme s’il s’agissait d’une découverte doublée d’une information capitale, tout en nous apprenant que les enfants de harkis constituaient à eux seuls une communauté. Peut-être le véritable scoop est-il là ?

En tout cas, si « discrimination positive » il y a, elle ne profite guère aux enfants de harkis, qui méritent malgré tout, au regard de leur histoire, un effort particulier de l’Etat.

 

De la poudre aux yeux

La prétendue « discrimination positive » pour les enfants de harkis n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux, un effet d’affichage pour s’attirer leur sympathie et leurs voix. En réalité, elle n’aura aucun effet sur les enfants de harkis, qui ont aujourd’hui entre 40 et 60 ans et peu de chances d’intéresser les employeurs. De plus, seuls les contrats aidés sont concernés (autrement dit des contrats destinés à tout citoyen rencontrant des difficultés sur le marché du travail : chômeurs de plus de 50 ans, bénéficiaires du RSA, de minima sociaux, etc…).

Par ailleurs, les emplois proposés, très peu qualifiés et limités, n’attirent pas les foules, réduisant d’autant l’impact de cette « discrimination positive ».

Enfin, par expérience nous nous méfions et doutons des mesures spécifiques qui nous sont servies depuis des lustres sans aucun résultat.

 

Un parcours chaotique qui justifient des mesures exceptionnelles

Sans vouloir remettre en cause le principe d’égalité, cette « discrimination positive » peut parfaitement se comprendre et se justifier au regard du parcours dramatique des familles de harkis, qui ont connu la guerre, les massacres, l’injustice, le déracinement, l’abandon de leurs familles, la spoliation, la misère des camps de transit et des conditions sociales misérables et indignes de notre pays.

Ne pas admettre ce « coup de pouce » aux enfants de harkis, c’est méconnaître leur histoire, leurs souffrances et leurs handicaps : pour la plupart, illettrés et déjà âgés à leur arrivée en France, ils ont accumulé trop de retards pour avoir une scolarité normale et accéder à des emplois qualifiés et à la réussite économique et sociale.

 

Discrimination positive ou égalité des chances ?

En l’état actuel des choses, on ne peut parler de « discrimination positive », mais seulement d’égalité des chances.

Mais si l’Etat voulait vraiment aider les enfants de harkis à travers des mesures de « discrimination positive » et autrement qu’en catimini par une simple circulaire, il devrait se donner les moyens de son ambition. Et s’il manque d’idées, nous avons des suggestions.

D’abord, inscrire dans la Constitution la discrimination positive pour les enfants de harkis, comme cela a déjà été fait dans d’autres domaines : listes électorales, conseils d’administration des entreprises, emplois réservés….

Ensuite, permettre à des enfants de harkis d’accéder à des postes à responsabilités dans les ministères, les services déconcentrés de l’Etat et les entreprises et les établissements publics.

Enfin, réparer une injustice vieille de 50 ans : reconnaître sa responsabilité dans le drame des harkis et donner le statut de victimes de guerre à leurs enfants, synonyme de droit à indemnisation et d’avantages en matière d’emploi.

En tout cas, il est fort dommageable de réduire les enfants de harkis à une communauté et de les montrer du doigt, alors qu’avant tout ils sont Français et méritent bien plus qu’une simple circulaire au regard de leur histoire.

 

 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 23:48

Le remaniement ministériel, trop attendu parce que trop tôt annoncé, est finalement intervenu : plus réduit, moins ouvert et sans surprise, si ce n’est la nomination de Jeannette BOUGRAB, présidente de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, au secrétariat d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, qui constitue une bonne surprise pour les associations de harkis.

Nous tenons à lui adresser toutes nos félicitations pour cette nomination pour le moins méritée et suite d’une carrière hautement exemplaire.

Cette nomination nous ravit d’autant plus qu’elle consacre le travail et le talent de l’une d’entre nous tout en constituant un signe de reconnaissance, qui ne saurait bien entendu à lui tout seul remplacer  celle de la responsabilité de l’Etat français dans le drame des harkis, préalable d’une juste réparation que nous réclamons légitimement depuis des lustres.

Cela prouve aussi que notre République, à travers ses valeurs de fraternité, de liberté et d’égalité, permet à chacun d’entre nous de réussir et de s’en sortir, grâce au travail, à la compétence et à la persévérance, plutôt qu’aux mesures spécifiques de l’Etat qui fabriquent d’éternels assistés.

Nous souhaitons donc à Jeannette BOUGRAB, qui nous démontre cela grâce son parcours exemplaire, pleine réussite dans ses nouvelles fonctions et l’assurons de notre total soutien.

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 19:30

Tout récemment, 25 courageux députés ont pris la défense du malheureux Jonnhy Hallyday contre un vilain hebdomadaire national qui aurait divulgué des éléments de son dossier médical.

Ces députés s’indignent  contre cette publication au motif que  « le droit au secret médical est un droit premier, pour tous, même pour des personnalités publiques… ». Selon eux, la divulgation d’informations très personnelles relève d’une « dérive inacceptable dont le seul but est de faire du sensationnalisme ».  

Nous ne pouvons qu’être d’accord et défendre le respect de la vie privée d’autrui. Toutefois, au-delà de ce droit, nous nous interrogeons sur une telle démarche qui semble d’autant moins justifiée que le chanteur a tous les moyens pour se défendre lui-même en portant plainte pour autant qu’il s’estime être lésé.

Notre interrogation est d’autant plus légitime qu’il y a des sujets et des situations autrement plus préoccupants, qui méritent que l’on s’y intéresse. Les Français attendent autre chose, notamment des solutions à leurs problèmes.

Par exemple, le drame vécu par les harkis et leurs familles, leur situation aujourd’hui, et les revendications qu’ils essaient désespérément de faire aboutir. Cela fait 48 ans que nous réclamons reconnaissance, justice et réparation, que nous écrivons aux  pouvoirs publics, que nous sensibilisons l’opinion, que  nous saisissons nos élus pour qu’enfin ils nous entendent. En vain, car personne, et surtout pas nos élus, ne veut régler de manière définitive notre problème.

Nous aussi, nous aimerions être soutenus et défendus comme Johnny. Peut-être qu’il pourrait, lui, faire quelque chose pour nous aider, ne serait-ce que dans une chanson…..

 

 

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