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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 20:33

Une réunion s’est tenue le 12 novembre dernier dans les locaux du ministère chargé des anciens combattants à l’initiative de Renaud Bachy, futur ex-directeur général de l’ANIFOM, futur ex-président de la MIR, mais toujours bras armé du pouvoir. Cette réunion n’avait apparemment pas d’ordre du jour, mais on sait que le choix des participants n’était pas neutre.

Des invités triés sur le volet…

Comme sous l’ère Sarkozy, on tente une nouvelle fois de jouer les anciens harkis contre leurs propres enfants. Et le pire, c’est que Renaud Bachy peut compter sur un certain nombre d’entre eux, moyennant quelques subventions et quelques honneurs en échange de leur silence.

Ainsi, les participants à la réunion ont été minutieusement choisis : une majorité d’anciens harkis et à peine quelques jeunes, alors même qu’aujourd’hui la deuxième et la troisième génération représentent près de 90% des familles de harkis. Il est vrai que Renaud Bachy se plait à répéter qu’« on ne mélange pas les serviettes et les torchons ».

Les associations qui avaient fait des propositions lors de la campagne à l’élection présidentielle et beaucoup de celles qui avaient été invitées par Kader Arif le 18 septembre 2012, ont sciemment été écartées de cette réunion.

Il est clair que l’on ne veut pas discuter avec les enfants de harkis : ils savent de quoi ils parlent, ils connaissent le fonctionnement des institutions, ils font des propositions et ne s’en laissent pas conter…C’est pour cela qu’on préfère les éviter, plutôt que les inviter.

On s’en méfie tellement que deux jeunes femmes (mandatées par une association de région parisienne), qui ont pu accéder à la cour du ministère, ont été refoulées par Renaud Bachy lui-même, sans que cela gêne aucunement les autres participants, trop heureux d’être choisis et oublieux de leurs enfants.

…pour mieux neutraliser les harkis

Le pouvoir use une nouvelle fois de son arme favorite contre les harkis : la division. Il joue les pères contre leurs enfants pour les affaiblir, les empêcher d’être unis et forts, d’être crédibles et d’avoir quelques chances d’obtenir satisfaction.

Ce n’est pas la première fois : on se souvient du fameux mail de Renaud Bachy du 19 avril 2012, dont la majorité des destinataires n’avait aucune responsabilité associative, qui avait pour objectif de court-circuiter les associations et de semer la zizanie parmi nous.

On oublie simplement que les associations de harkis sont tenues aujourd’hui majoritairement par des jeunes. Ces jeunes se moquent éperdument des mesures spécifiques, servies depuis une quarantaine d’années, parce qu’elles font d’eux des éternels assistés, dépendants des pouvoirs publics, et que l’on vient chercher juste au moment des élections.

Ces jeunes sont des citoyens français et n’ont que faire de la charité de l’Etat. Ils n’ont qu’une revendication : la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat français dans l’abandon et le massacre des harkis. Et ça, l’Etat français ne veut pas en entendre parler.

C’est pourquoi, il cherche par tous les moyens à diviser les harkis en misant uniquement sur les anciens, oubliant qu’ils ne sont qu’une poignée et que les jeunes représentent un bataillon d’électeurs autrement plus important.

Il est temps de montrer à ces manipulateurs, à ces stratèges à courte vue, qui ne cherchent qu’à préserver leurs privilèges, qu’ils se fourrent le doigt dans l’œil et que nous avons une arme que l’on ne peut nous enlever et qui s’appelle le bulletin de vote.

Saïd Balah

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